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Elle a pris sur son indigence

D’un côté, l’apparat des beaux vêtements des dignitaires, supposé susciter le respect…
De l’autre, la discrétion de petite souris d’une pauvre veuve faisant la modeste offrande de quelques piécettes…
Qui est mis en valeur par le Christ ? Bien évidemment, nous connaissons la réponse !

Il y a dans le récit de ce dimanche, une mise en garde du Christ vis-à-vis des notables religieux qui affectent des attitudes extérieurs de piété, afin de susciter la considération du peuple ; il y a également une reconnaissance vis à vis de la générosité sans limite d’une petite de ce peuple, qui n’attend rien de personne, sinon que de Dieu seul.

 

Dans la mentalité du peuple juif, mais n’en va-t-il pas de même aujourd’hui, une personne est considérée pour ses richesses et sa position sociale. Un grand nom de la publicité, conseiller d’anciens chefs d’état, n’a-t-il pas déclaré que de ne pas avoir une « Rolex » à cinquante ans, signifiait avoir « raté » sa vie ?
Ce qui semblait attiser la considération à l’époque de Jésus, ce ne sont pas les montres de luxes, mais les vêtements religieux d’apparat, les attitudes pieuses, dans l’espace public, la recherche des privilèges dans les protocoles mondains.

Rien de tout cela ne correspond aux valeurs prônées par Jésus, « heureux les pauvres de cœurs, heureux les humbles ».

Nous constatons dans certaines sphères du clergé une réticence, voir une hostilité à l’effort entrepris par des papes comme Paul VI ou aujourd’hui François à l’abandon d’une pompe vestimentaire, voir carnavalesque (au sens du carnaval de Venise, cela va de soi) chez les ecclésiastiques au profit d’une plus grande sobriété évangélique… J’aime alors faire référence à ce passage de l’Evangile !

      

 

Comment la pauvre veuve était-elle vêtue ? L’évangile ne le dit pas. Mais si Jésus souligne qu’elle a pris sur son indigence en versant quelques piécettes dans le tronc du Temple, c’est qu’elle ne devait porter ni Dior ni Louboutin (marque de chaussures pour dames, parait-il !). On se l’imagine vêtue de noir, telle une ilienne de chez nous, « Ombres sur la lande, Brisées de chagrin -  Femmes de légende, Le regard si loin », se cachant le visage dans son voile, cachant ses larmes et son tourment.

 

 C’est elle que Jésus observe, avec admiration. C’est elle qu’il donne en exemple. Elle est le visage du « petit reste d’Israël », « les pauvres du Seigneur ». Comme Jésus aime à donner en exemple les touts petits, les enfants, en raison de la confiance toute entière qu’ils nous accordent, il nous donne encore en exemple cette pauvre femme. Elle est l’image même de la toute confiance en Dieu.

 

Christian Le Borgne, curé