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Joyeux dans l'Espérance

"Joyeux dans l'espérance"...

 

Dans le diocèse de Quimper et Léon, cette expression de St Paul nous est familière depuis que notre évêque l'a fait sienne dans sa devise épiscopale. "Laouen en Esperañs" !

 

Joyeux dans l'espérance est également le nom du message que nos évêques de France ont adressé aux jeunes de notre pays, lors de leur dernière assemblée plénière de Lourdes.
Faisant cela, ils inscrivent leur démarche dans le message adressé par le Pape François aux jeunes, pour cette journée du Christ Roi. 38ème Journée Mondiale de la Jeunesse, elle est le lancement du chemin pour célébrer le Jubilé des jeunes à Rome  en 2025.

 

Dans notre diocèse, et tout particulièrement dans notre paroisse, cette journée commencera samedi soir par un rassemblement festif des jeunes à Saint Rivoal, puis dimanche à Rumengol. Le projet initial a été contrarié par la tempête de la Toussaint, mais n'est-ce pas le propre de l'espérance de ne pas se laisser décourager, et de trouver les chemins nouveaux, les réponses adaptées dans les situations de difficulté ?

 

Joyeux dans l'espérance ! En ce dimanche de la solennité du Christ Roi, nous affirmons notre espérance en la venue du Règne du Christ ; un règne, non à la manière des monarques de ce monde qui passe, mais à la manière du Royaume, tel que l'Evangile nous en parle : 
"Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux". (Mt 5,3)

"Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; (Mt 25, 34-35)

 

C'est précisément dans les périodes de crises, tout au long de son histoire, que le peuple d'Israël a vu se lever des prophètes témoins de l'espérance. C'est pour répondre aux situations de crises, témoin de l'Espérance chrétienne, que l'Eglise a su générer les figures joyeuses, capables de la faire sortir des ornières des habitudes et des mondanités, pour reprendre le flambeau de l'Evangile...

Je ne saurai les citer tous, mais un visage familier, à la fois jeune, pauvre et à l'humour espiègle, me vient spontanément en tête, le visage de Bernadette Soubirous. Au regard de la situation sociale qui était la sienne, quel était l'espoir d'une vie heureuse ?

Mais la petite Bernadette a su entendre et témoigner d'un message : "Je vous promets de vous rendre heureuse, non pas à la manière de ce monde, mais de l'autre". Traduction plus fidèle à l'expression transmise en bigourdan, que celle que l'on entend habituellement.
Cet « autre monde » n'est évidemment pas seulement le bonheur du ciel. Pourquoi ? Parce ce serait la mort du message chrétien. Le règne de Dieu est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint, dit saint Paul (Rm 16, 17) : c'est aujourd'hui que nous devons le vivre.


Le Concile a su nous donner les clés, pour faire de notre Eglise, selon l'expression de François, une "Eglise en sortie" : "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses du disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s'édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il faut proposer à tous." (Gaudium et Spes, 1).


Aux jeunes bien sur, destinataires de ce message, mais aussi à chacun de nous, ces mots du pape sont adressés : 

[petit flambeau d'espérance pour les autres]... Chacun de vous peut l'être,  dans la mesure où sa foi devient concrète, collant à la réalité et aux histoires de ses frères et sœurs. Pensons aux disciples de Jésus qui, un jour, sur une haute montagne, l'ont vu resplendir d'une lumière glorieuse. S'ils étaient restés là-haut, cela aurait été un beau moment pour eux, mais les autres auraient été laissés de côté. Il fallait qu'ils descendent. Nous ne devons pas fuir le monde, mais aimer notre époque dans laquelle Dieu nous a placés non sans raison. Nous ne pouvons être heureux qu'en partageant, avec les frères et sœurs que le Seigneur nous donne jour après jour, la grâce reçue.

Chers jeunes, n'ayez pas peur de partager avec les autres l'espérance et la joie du Christ ressuscité ! 

 

Christian Le Borgne, curé